Résolu Produits Forestiers

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Seedling

Bien qu’on les utilise considérablement moins depuis quelques années, les herbicides demeurent un outil clé pour la régénération des terrains forestiers exploités. Voici pourquoi.

Après la récolte du bois, la zone est préparée pour la reforestation. Un sol riche en nutriments et un soleil abondant constituent des conditions idéales, non seulement pour la régénération des arbres, mais également pour la croissance de beaucoup d’autres espèces végétales. Les herbicides aident à empêcher que certaines espèces pionnières, telles que la calamagrostide du Canada, la framboise et le peuplier faux-tremble, prennent la place des semis nouvellement plantés, comme des espèces d’épinette et de pin.

On épand l’herbicide d’ordinaire une seule fois sur la zone, la plupart du temps au cours des cinq premières années suivant la récolte, soit avant, soit après la plantation de semis.

Pour Résolu et d’autres sociétés menant des activités de régénération, il est essentiel d’assurer la santé et la sécurité des employés et des habitants. Les questions environnementales sont au premier plan de notre approche d’une gestion durable et responsable des forêts qui nous sont confiées. Le programme d’épandage est l’un des outils nous servant à assurer le succès des initiatives de régénération, et nous l’exécutons en conformité avec les plans de gestion forestière approuvés par le gouvernement. L’épandage n’a lieu que lorsqu’il est nécessaire, et seuls les herbicides approuvés sont utilisés par des experts qualifiés et expérimentés.

Régénération naturelle ou usage d’herbicides

Étant donné que toutes les zones récoltées au Canada doivent être régénérées rapidement, la gestion des espèces pionnières est un défi constant. Il existe diverses méthodes pour le relever. À certains endroits, les arbres se régénèrent naturellement, tandis qu’à d’autres, ils repoussent avec l’aide des herbicides. À titre d’exemple, 46 % des zones récoltées en Ontario en 2013 se sont régénérées sans herbicide.

  1. Si certaines zones se régénèrent sans herbicide, n’est-ce pas la preuve qu’il est inutile?

L’objectif est une régénération conforme à une norme précise. On obtient différents niveaux de réussite dans diverses zones selon la méthode de contrôle utilisée. Et nombreuses sont les méthodes ayant été essayées : on a étendu des tapis de paillis, on a fait paître du bétail et on a même mis au point un champignon indigène comme agent de lutte biologique.[1] Mais le fait est que rien n’est plus efficace que les herbicides.

Par ailleurs, si les herbicides ne sont pas utilisés, on constate une croissance réduite de la culture, et même sa perte complète. Comme dans le potager de votre cour, si vous ne maîtrisez pas une espèce concurrente, elle pourra prendre le dessus sur votre semence. C’est arrivé dans les forêts de Nouvelle-Écosse, où l’usage des herbicides a été interdit. Une étude publiée en 2007 qui visait 101 plantations examinées à l’été 2005 concluait que la majeure partie (87 %) des plants de conifères du site était entièrement perdue et que la quasi-totalité (97 %) n’était pas conforme aux normes de régénération généralement acceptées six à huit ans après la récolte.[2]

À titre d’hypothèse simplificatrice, il n’existe pas de solutions de remplacement qui soient aussi rentables, efficaces ou fiables que les herbicides chimiques modernes pour bon nombre de scénarios de régénération forestière. En fait, si l’on soupèse les effets et les risques environnementaux des diverses techniques de préparation de sites, les herbicides peuvent être beaucoup moins dangereux que la préparation au moyen de machinerie lourde, de feu et de défrichage manuel.

  1. Pourquoi procède-t-on à l’épandage aérien des herbicides? L’épandage terrestre ne serait-il pas préférable?

Les zones où est prévue l’application d’herbicide quotidienne font quelque 200 hectares et sont habituellement très reculées. Non seulement la méthode aérienne est économique, mais elle est préférable, car les équipes d’épandage terrestre risquent de perturber une zone en régénération. Pour assurer la précision de l’épandage, on utilise des systèmes de pointe pour réduire au minimum les risques d’épandage à l’extérieur des limites du territoire visé. De plus, selon les exigences législatives, les plans d’eau à proximité des sites traités sont protégés par des zones tampons de bois sur pied, que repèrent les systèmes de guidage.

En Ontario, Résolu ne procède qu’à l’épandage aérien. Nous utilisons exclusivement des hélicoptères, qui permettent une plus grande précision que des avions, surtout dans le cas de zones restreintes.

  1. Quel est l’herbicide le plus couramment utilisé? Et quel est ces effets?

Il en existe quelques types, mais le glyphosate est l’ingrédient actif le plus courant. Les herbicides contenant du glyphosate comptent parmi les plus testés du monde. La preuve de leur innocuité est corroborée par l’une des bases de données les plus exhaustives jamais créées sur un herbicide, et portant sur la santé humaine, les résidus de culture et l’environnement.

Le glyphosate est particulièrement efficace pour le contrôle de la végétation concurrente dans les plantations de conifères, l’essence dominante commerciale récoltée dans toute la forêt boréale canadienne.

Il présente aussi un profil environnemental relativement favorable, ce qui signifie qu’il ne reste pas dans le sol, la végétation ni l’eau, qu’il ne s’accumule pas dans les animaux et que son risque d’infiltration dans les eaux souterraines est très faible. En outre, sa toxicité intrinsèque est également relativement faible pour les humains et la faune.

  1. Mais est-il réellement sans danger?

En nous fondant sur un vaste corpus de documentation et d’études scientifiques ainsi que sur l’information que nous a transmise Santé Canada, nous croyons à l’innocuité des herbicides à base de glyphosate. Leur bilan en matière de sécurité est excellent depuis plus de 50 ans, et leur usage est approuvé par Santé Canada.

Lors d’une récente réévaluation de l’utilisation des herbicides à base de glyphosate, Santé Canada a conclu que les « les produits contenant du glyphosate ne présentent pas de risque inacceptable pour la santé humaine ou l’environnement lorsqu’ils sont utilisés conformément au mode d’emploi proposé sur les étiquettes. »

Plus de 800 études ont démontré que le glyphosate ne causait ni cancer, anomalies congénitales, dommage à l’ADN, effets sur le système nerveux, effets sur le système immunitaire, perturbation endocrinienne ni problèmes de reproduction. De plus, de nombreuses études sur le terrain ont été menées à ce le sujet dans les écosystèmes forestiers du Canada. La meilleure façon de comprendre les conclusions de ces études est sans doute d’énoncer ce que le glyphosate NE fait PAS :

    • Il ne tue PAS toutes les autres plantes pour créer une plantation d’une seule essence d’arbres.
    • Il n’empoisonne PAS les oiseaux, poissons, invertébrés aquatiques, petits et grands mammifères ni amphibiens.
    • Et il ne cause PAS la réduction de populations microbiennes du sol et ne nuit pas considérablement à leur fonction.[3] En fait, certaines études recommandent même l’usage de ce produit pour créer des conditions de fourrage qui favorisent l’essor du caribou des bois plutôt que de l’orignal.[4]

 

  1. Qu’en est-il des commentaires récemment publiés par le Centre international de recherche sur le cancer de l’Organisation mondiale de la santé?

Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a rangé le glyphosate dans la classe des dangers jugés « probablement cancérogènes pour les humains », soit dans la même classe (2A) que les rayons du soleil, l’aloès, le téléphone cellulaire, le café et le métier de barbier.

Santé Canada fait l’annonce suivante dans le cadre de sa décision de réévaluation publiée le 13 avril 2015 :

Le Centre international de recherche sur le cancer de l’Organisation mondiale de la santé a récemment rangé le glyphosate dans la classe des dangers jugés « probablement cancérogènes pour les humains ». Il importe de noter que le classement des dangers ne consiste pas en une évaluation des risques pour la santé. Le degré d’exposition chez l’humain, qui détermine le risque réel, n’a pas été pris en compte par le Centre international de recherche sur le cancer. Les pesticides sont homologués pour une utilisation au Canada seulement si la dose à laquelle est exposée la population canadienne ne cause aucun effet nocif, y compris le cancer.

  1. Peut-on manger des bleuets qui ont été arrosés de glyphosate?

Les documents de consultation de Santé Canada indiquent que les produits contenant du glyphosate sont peu susceptibles de nuire à la santé s’ils sont utilisés conformément au mode d’emploi proposé sur les étiquettes, et que les risques alimentaires associés aux aliments et à l’eau ne sont pas préoccupants.

La recommandation d’éviter de consommer des baies dans les secteurs identifiés après l’arrosage avec un herbicide à base de glyphosate ne reflète pas nécessairement un risque élevé, mais est plutôt invoquée comme simple précaution supplémentaire sans inconvénient important, selon Ressources naturelles Canada.[5] Les années subséquentes, on peut cueillir et manger les baies. Même sans laver les fruits, la présence de substance diminue naturellement à un rythme exponentiel d’environ 50 % de la valeur initiale après 13 jours et de 4 % de la valeur initiale après 61 jours.[6] Une étude montre qu’un an après le traitement au glyphosate, la repousse était normale et qu’il n’y avait aucun effet sur le rendement des bleuets la saison suivant le traitement. [7], [8]

Une étude récente auprès de producteurs de bleuets du Maine révèle que 76 % des producteurs sondés utilisent des herbicides tels que le glyphosate pour gérer les mauvaises herbes. En fait, une grande partie des producteurs déclarant leurs produits « sans arrosage » ou biologiques utilisaient les herbicides glyphosate et séthoxydime (dans des proportions de 30 % et de 15 %, respectivement)[9]. Cela montre que certains producteurs ne considèrent pas les herbicides comme des pesticides, étant donné qu’ils sont souvent moins toxiques pour les vertébrés et les humains que les insecticides et les fongicides.[10]

Résolu continue de suivre les travaux de recherche. Nous sommes toutefois d’avis que l’utilisation d’herbicides dans le cadre de notre stratégie de gestion durable des forêts est appropriée et fondée sur des données probantes. Il importante également de se rappeler que les régimes et la réglementation de l’Ontario en matière de gestion forestière comptent parmi les plus sévères du monde et que Résolu y souscrit et s’y conforme.

Complément d’information :

http://cfs.nrcan.gc.ca/pubwarehouse/pdfs/32344.pdf

http://www.hc-sc.gc.ca/cps-spc/pest/part/consultations/_prvd2015-01/prvd2015-01-fra.php#a4

http://www.monsanto.com/iarc-roundup/pages/default.aspx

 


 

[1] http://cfs.nrcan.gc.ca/pubwarehouse/pdfs/32344.pdf

[2] Nicholson, J. 2007. Survey of plantations established between 1998-2000 (6-8 years of age) on eastern Crown land without herbicides. Nova Scotia Department of Natural Resources, Forest Management Planning, Forest Research Report 83, 27 p. (http://novascotia.ca/natr/library/forestry/reports/REPORT83.PDF)

[3] Giesy, John P., Stuart Dobson, and Keith R. Solomon. “Ecotoxicological Risk Assessment for Roundup® Herbicide.” Reviews of Environmental Contamination and Toxicology (2000): 35-120.

[4] Mihajlovich, Milo, and Peter Blake. “An evaluation of the potential of glyphosate herbicide for woodland caribou habitat management.” Alces 40 (2004): 7-11.

[5] http://cfs.nrcan.gc.ca/pubwarehouse/pdfs/32344.pdf Page 4

[6] Roy, D. N., et al. “Uptake and persistence of the herbicide glyphosate (Vision®) in fruit of wild blueberry and red raspberry.” Canadian Journal of Forest Research 19.7 (1989): 842-847.

[7] Hodges, Laurie; Talbert, Ronald E.; and Moore, J. N., “Effects of Glyphosate on Highbush Blueberry (Vaccinium corymbosum L.)” (1979). Agronomy & Horticulture — Faculty Publications. Paper 401. http://digitalcommons.unl.edu/agronomyfacpub/401

[8] Hanson, E. J. “Response of highbush blueberries to postemergent herbicides.” IX International Vaccinium Symposium 810. 2008.

[9] Farmer Survey: Rose, A., F.A. Drummond, D.E. Yarborough, and E. Asare. 2013. Maine wild blueberry growers: A 2010 economic and sociological analysis of a traditional Downeast crop in transition. Maine Agricultural & Forest Experiment Station Miscellaneous Report 445

[10] Herbicides are less toxic: D’Appollonio, J., D. Yarborough, and F. Drummond. 2010 Maine wild blueberry pesticides chart. University of Maine Cooperative Extension. http://www.extension.umaine. edu/blueberries/files/2010/06/2010PesticideChart3-2010forWeb.pdf

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Forêt_boréale_caribou

Protection du caribou forestier au Canada : le travail n’est pas terminé
Le caribou forestier est un animal emblématique de la forêt boréale. C’est un symbole national du Canada depuis des décennies; il est même représenté sur les pièces de 25 cents. Comme on observe depuis quelques années une diminution des populations de caribous forestiers dans plusieurs régions du Canada, cet animal a été ajouté à la liste des espèces menacées du gouvernement canadien en 2002 . Depuis, les provinces canadiennes, les Premières Nations, les collectivités et l’industrie des produits forestiers continuent de travailler en collaboration pour assurer le rétablissement et la survie à long terme de ce magnifique animal.

Les trois quarts du territoire du caribou sont déjà protégés

  • Au Québec, l’exploitation forestière est interdite dans 76 % de l’aire de répartition du caribou.
  • En Ontario, l’exploitation forestière est interdite dans 77 % de l’aire de répartition du caribou.

Le caribou, les prédateurs et l’habitat
Les caribous assurent leur propre protection contre les prédateurs, dont les loups, les coyotes et les ours, en se dispersant sur de vastes étendues de territoire. Alors qu’on peut trouver deux ou trois orignaux par kilomètre carré (250 acres) dans la forêt boréale, il n’y a qu’un ou deux caribous par centaine de kilomètres carrés (25 000 acres).

Cette stratégie qui consiste à disperser la population sur de vastes étendues fait en sorte qu’un caribou risque beaucoup moins d’être confronté à un prédateur et, par conséquent, les animaux peuvent survivre et se multiplier sans devoir constamment surveiller ce qui se passe autour d’eux pour éviter d’être chassés. Il arrive régulièrement, les caribous sont tués par des loups, des coyotes ou des ours qui, en fait, chassent des proies beaucoup plus grosses, comme l’orignal. Contrairement aux orignaux, une espèce cousine qui vit aussi dans la toundra, les caribous ne se déplacent pas en troupeaux de manière à se rendre plus vulnérables face aux loups. De plus, comme ils sont plus petits que les orignaux, ils n’offrent pas autant de nourriture aux animaux qui les capturent.

Quand des bandes de forêts sont exploitées, la végétation basse, les herbes et les nouveaux arbres colonisent rapidement les secteurs fertiles qui viennent d’être dénudés. Ce type de couvert végétal procure une source riche et abondante de fourrage, qui attire plusieurs espèces herbivores, comme les orignaux. En raison de l’accroissement de la population d’orignaux, les loups, les coyotes et les ours se regroupent dans le secteur pour chasser. Comme le nombre de prédateurs augmente, la probabilité de voir un d’eux s’en prendre à un caribou augmente aussi, ce qui a un effet négatif sur les populations de caribou.

Résolu protège le territoire pour accroître l’habitat du caribou
Pour s’assurer que l’habitat du caribou reste sûr et abondant pour des décennies à venir, Résolu emploie des pratiques d’aménagement forestier qui ciblent de vastes étendues de territoire tout en laissant assez de terrains boisés pour répondre aux besoins du caribou. Les secteurs réservés pour la protection de l’animal doivent être assez étendus pour que la stratégie de dispersion des caribous permette de réduire les risques de confrontation avec des prédateurs. En plus de cette approche, nous appuyons également plusieurs initiatives visant à mettre en réserve des territoires additionnels dont certains font actuellement l’objet de discussions dans le cadre de l’Entente sur la forêt boréale canadienne (EFBC).

Jusqu’à maintenant, Résolu a apporté les contributions suivantes afin de protéger l’habitat du caribou forestier :

  • Dans le nord-est de l’Ontario, la Société, avec ses partenaires de l’EFBC, soutient une proposition qui vise l’établissement d’une autre aire de protection du caribou couvrant près de 8 348 kilomètres carrés (3 223 milles carrés) dans la forêt de la rivière Abitibi.
  • Dans le nord-ouest de l’Ontario, les sociétés remplacées par Produits forestiers Résolu ont offert une partie des terrains sous leur gestion pour la création du parc provincial Wabakimi, qui couvre un territoire de 8 920 kilomètres carrés et est l’un des plus vastes parcs de la province.
  • Au Québec, Résolu a été l’une des premières entreprises à proposer et implanter un plan d’action pour le caribou. La Société a aussi participé au processus gouvernemental ayant pour but de définir des aires protégées pouvant offrir un habitat au caribou.

Protéger le caribou par une saine gestion
Comme plus de 75 % de l’aire de répartition du caribou est située au nord de la forêt aménagée, nous faisons appel à de nombreuses stratégies, bonnes pratiques et lignes directrices afin d’offrir un habitat au caribou forestier à l’intérieur des 25 % qui sont situés à l’intérieur de la forêt aménagée. Le plan de protection du caribou qui a été élaboré en Ontario est un exemple de programme gouvernemental qui favorise la durabilité de l’espèce. Ces stratégies, intégrées à nos plans d’aménagement forestier, ont pour objectif d’assurer un habitat à long terme au caribou dans l’ensemble du paysage et de réduire au minimum les perturbations pour les populations de caribou en mettant de l’avant les principes suivants :

  • Dans l’élaboration des stratégies qui portent sur l’aménagement de routes dans chaque plan d’aménagement forestier, on détermine l’emplacement des routes, les techniques de construction et les mesures entourant la fin des travaux en mettant l’accent sur les besoins du caribou.
  • On protège en priorité les secteurs qui ont de l’importance pour les caribous, comme les aires (lacs) de mise bas.
  • On favorise la régénération des conifères, ce qui assurera un habitat convenable au caribou dans l’avenir, conformément aux décisions prises pour protéger l’habitat.
  • On étale dans le temps les activités de récolte sur le territoire afin de réduire les niveaux de perturbation au minimum pour les populations de caribou.

Plan échelonné sur 150 ans
Une des approches les plus répandues en matière d’exploitation forestière est la gestion dynamique de l’habitat du caribou, qui consiste à identifier des secteurs où la séquence de récolte optimale peut s’étendre sur 100 à 150 ans de manière à ce qu’un habitat approprié soit maintenu de façon constante dans une aire de répartition du caribou. Grâce à cette technique, le caribou a continuellement accès à un habitat répondant à ses besoins sur l’ensemble du paysage. On reporte les travaux de récolte dans certains secteurs et on n’y revient que lorsqu’ils ont eu le temps d’acquérir les caractéristiques nécessaires pour en faire un habitat approprié pour le caribou et lorsque l’animal peut s’y déplacer en sécurité. Cette approche a pour effet de concentrer les activités de récolte dans des secteurs bien définis afin de réduire au minimum les niveaux de perturbation à tout moment pour l’ensemble des populations de caribou.

Regard vers l’avenir
Résolu a clairement exprimé son engagement à protéger les populations de caribou forestier par des pratiques d’aménagement forestier durable, la préservation de l’habitat du caribou et la gestion dynamique de l’habitat du caribou dans les secteurs récoltés afin de réduire les perturbations au minimum et de maintenir un habitat suffisant sur l’ensemble du paysage. La Société continuera à mettre tout en œuvre pour protéger ce magnifique animal et ce symbole national dans une perspective à long terme, tout en cherchant d’autres partenaires et en adoptant des approches novatrices qui auront des effets positifs sur les populations de caribou forestier partout au Canada.

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Bamboo

Fabriquer du papier à partir de sources de fibre autres que le bois peut avoir des impacts environnementaux comparables et mêmes supérieurs à ceux qui sont associés à l’utilisation de pâte de bois. Voici pourquoi.

On pense souvent que le papier fait de fibre non ligneuse comme le chanvre, le bambou ou le kénaf est plus durable que le papier fait de pâte de bois, autrement dit, que faire du papier ne contenant pas de bois contribue à protéger l’environnement. Cette croyance est une simplification exagérée d’une équation relativement complexe.

La plupart des études comparant les impacts environnementaux du papier fait de bois et du papier issu de matières premières autres que le bois ont permis de découvrir que les impacts sont à peu près semblables et que, dans certains cas, ils sont mêmes plus élevés pour les fibres naturelles cultivées, dépendamment des aspects considérés. Bref, miser sur les fibres cultivées pour produire du papier et de la pâte n’est pas une panacée, et écarter le bois n’est pas nécessairement la meilleure façon de protéger les forêts.

Substituer la culture à l’exploitation forestière revient à remplacer une matière première par une autre. Même quand on utilise du polypropylène ou du polyester pour produire du papier « plastique », il faut tenir compte de la matière première, le pétrole, qui génère d’importants coûts environnementaux – souvent beaucoup plus élevés que ceux du papier fait de fibre ligneuse ou à partir de bois.

En choisissant une matière première, il faut considérer tous les aspects – la quantité d’eau qu’il faut pour la faire pousser et la transformer en papier, la consommation d’énergie associée au procédé et les autres produits utiles qu’on peut en obtenir.

Les fibres cultivées comme le bambou, le kénaf et le chanvre sont utilisées partout dans le monde, mais leur impact global peut être problématique par rapport à celui de la fibre de bois si l’on tient compte de certains facteurs. En voici cinq :

  1. Les cultures de plantes à fibres nécessitent de plus grandes quantités d’eau. Les forêts sont cultivées sur plusieurs années et elles résistent davantage aux variations dans les quantités de précipitations. Les cultures peuvent nécessiter de grandes quantités d’eau. Par exemple, le kénaf a besoin de cinq pouces d’eau par mois. À l’étape de la transformation, les fibres plus courtes des plantes autres que le bois exigent des quantités d’eau plus importantes. Comme la plus grande partie de l’eau qui est utilisée pour transformer les fibres – quelle qu’en soit l’origine – est traitée et rejetée dans l’environnement, c’est plus une question de sensibilité à l’eau que de consommation. Ainsi, la transformation de la fibre non ligneuse n’est pas une bonne option dans les régions à faible précipitation.
  2. Les cultures de plantes à fibres consomment plus d’énergie. On dit souvent que les cultures de fibre non ligneuse offrent de meilleurs rendements quand on compare la quantité d’énergie qu’elles consomment. Selon les circonstances, c’est parfois le cas. Mais ces cultures nécessitent plus d’intrants. La récolte et la culture de ce type de fibre sont plus intenses que celles d’une forêt parce qu’elles sont plus fréquentes. Elles nécessitent aussi plus d’engrais, un grand consommateur d’énergie. D’ailleurs, selon une de nos sources, la fabrication et la distribution d’engrais représentent jusqu’à 50 % de l’énergie consommée pour la production agricole.
  3. Le bois procure de l’énergie pour le procédé et il crée d’autres produits. Les fibres non ligneuses nécessitent moins d’énergie que les fibres de bois pendant la transformation en pâte mécanique, mais pour produire de la pâte chimique, les produits forestiers offrent un certain nombre d’avantages. Pour être plus précis, la production de pâte chimique consomme moins d’électricité issue de combustibles fossiles quand on utilise de la fibre de bois. En fait, l’énergie dérivée de la liqueur récupérée répond à environ 50 % des besoins en énergie d’une usine nord-américaine de pâte et de papier. De plus, en transformant du bois en pâte selon ce procédé, on peut aussi obtenir d’autres produits comme la résine liquide (tall oil) et l’essence de térébenthine.
  4. Les forêts font une meilleure utilisation du territoire. Une plantation d’arbres, même fortement aménagée, offre de plus grandes valeurs en matière d’habitat, de biodiversité, de qualité de l’eau et de stockage du carbone qu’une culture agricole et ce, parce que les travaux de récolte, de plantation, de fertilisation et même d’application de pesticides ne se font qu’une fois dans un intervalle de quelques années. Mais en agriculture, il faut y voir chaque année. Des études ont démontré que la proximité aux forêts naturelles est le plus grand déterminant de la richesse des espèces (une mesure de la biodiversité représentée par le nombre d’espèces de plantes et d’animaux dans un secteur donné), ce qui signifie que les forêts aménagées ont un énorme avantage sur les zones agricoles sur le plan de biodiversité.
  5. Les cultures annuelles ne peuvent être récoltées qu’une fois par année. Une des principales préoccupations des usines de papier consiste à s’assurer un approvisionnement en fibre stable à longueur d’année, ce qui est difficile à garantir avec les cultures de fibre non ligneuse, qui, en général, ne sont récoltées qu’une fois par année. Accroître la capacité d’entreposage exigerait plus de terres, d’énergie et de ressources, ce qui devient un facteur important quand on sait que la plupart des sources de fibre non ligneuse représentent un fort volume et une faible densité par rapport au bois.

Enfin, il y a un paradoxe dans l’idée selon laquelle l’utilisation de ces cultures contribuerait à lutter contre la déforestation. Certains pourraient croire que pour sauver un arbre, il serait préférable de produire du papier à partir de fibre cultivée. Or, la récolte forestière aux États-Unis n’entraîne pas l’appauvrissement des forêts. Au contraire, la croissance nette des arbres dépasse l’abattage depuis plus de six décennies consécutives. Pour les États-Unis, la plus grande menace pour les forêts demeure la conversion des terres, tandis qu’au Canada, l’agriculture, le développement urbain, le transport, les loisirs et l’hydroélectricité sont les principaux responsables du déboisement. Autrement dit, si la demande de papier fait de fibre non ligneuse augmentait, il faudrait abattre possiblement des arbres pour convertir des terres boisées en terres agricoles pour faire pousser ces plantes afin d’en faire du papier.

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Carbone forêt boréale

Les forêts riches en carbone partout dans le monde jouent un rôle important dans le captage, le stockage et la libération de carbone et dans la lutte contre le réchauffement de la planète.

Quand les gens parlent d’émissions de gaz à effet de serre (GES), un des gaz les plus blâmés est le dioxyde de carbone. Une quantité excessive de carbone dans l’atmosphère n’est pas une bonne chose, mais le carbone est un des gaz essentiels qui rendent possible la vie sur terre. Les forêts emmagasinent et libèrent d’importantes quantités de carbone dans le cadre d’un cycle naturel. Un aménagement forestier efficace réduit non seulement la capacité d’une forêt d’agir comme une source de carbone, mais il accroît aussi sa capacité de stocker du carbone.

  1. La forêt boréale est à la fois une source et un puits de carbone

Le carbone circule dans l’atmosphère par un processus naturel appelé cycle du carbone. Ainsi, il y a un échange constant de carbone entre les océans, le sol, la roche et la vie végétale. Les forêts contiennent d’énormes quantités de carbone. D’ailleurs les forêts mondiales renferment plus de carbone dans les plantes et les arbres vivants, la matière organique et les sols que n’en renferme l’atmosphère.[1]

Pendant certaines années, les forêts retiennent plus de carbone qu’elles n’en libèrent. Quand elles captent plus de CO2, elles agissent comme des puits de carbone. Le carbone fait partie d’un cycle de captage et de libération, et avec autant de carbone, ces puits peuvent parfois devenir d’importantes sources de carbone. Par exemple, les arbres peuvent être détruits par le feu ou des insectes et finir par se décomposer. Dans les deux cas, ils libèrent le carbone qu’ils contenaient dans l’air.

  1. La foresterie contribue à la séquestration du carbone

On appelle séquestration le processus par lequel le CO2 est capté de l’atmosphère et stocké pendant de longues périodes. Les arbres stockent du carbone en transformant le CO2 dans les végétaux par la photosynthèse, qui utilise l’énergie du soleil et libère de l’oxygène.Quand un arbre est récolté et transformé en bois d’œuvre, une petite quantité de ce carbone s’échappe, mais la plus grande partie reste stockée dans la structure cellulaire du bois, ce qui prolonge l’effet de la séquestration.

Le fait de remplacer des peuplements malades ou peu productifs peut augmenter la capacité d’une forêt de capter et de stocker du carbone et contribuer à atténuer les changements climatiques. Pour ce faire, on peut planter des mélanges d’essences plus résilients et protéger les jeunes plants contre les dommages qui suivent la récolte.[2]

  1. Les incendies de forêt et les insectes libèrent plus de carbone que la récolte

Selon Ressources naturelles Canada (RNCan), moins de 0,5 % des forêts aménagées sont récoltées chaque année au Canada. De plus, ces secteurs se régénèrent, de sorte qu’au cours d’une année donnée, d’importantes quantités de carbone sont stockées.

La quantité de carbone rejetée dans l’atmosphère à la suite de la récolte est faible comparativement à la quantité rejetée en raison des incendies de forêt par la combustion et des infestations d’insectes qui tuent les arbres et accélèrent la décomposition. Selon RNCan, les secteurs touchés par les incendies de forêt sont en moyenne 2,5 fois plus étendus que ceux qui sont récoltés, ce qui signifie qu’une bonne partie du carbone s’envole en fumée.[3]

  1. La forêt boréale renferme beaucoup de carbone, mais les forêts tropicales en stockent encore plus

On a longtemps cru que la forêt boréale emmagasinait plus de carbone que les forêts tropicales. Cette croyance était basée sur une compréhension de l’écoulement de l’air qui a depuis été révisée. (Les chercheurs du National Centre for Atmospheric Research (Colorado) a étudié des mesures prises à partir d’un avion et conclu que les modèles climatiques existants sous-estimaient la capacité des forêts tropicales d’absorber du carbone.[4])Une récente étude de la NASA  estime que les forêts tropicales absorbent 1,4 milliard de tonnes métriques de dioxyde de carbone par rapport à une absorption mondiale totale de 2,5 milliards de tonnes métriques. Les chercheurs affirment que cette quantité dépasse celle qui est absorbée par la forêt boréale au Canada, en Sibérie et dans d’autres régions nordiques.

  1. La déforestation dans les forêts tropicales émet du carbone

Les pays où il y a des forêts tropicales peuvent être moins exigeants en matière de développement durable. On y pratique couramment la culture sur brûlis, qui consiste à couper tous les arbres et à ne retirer qu’une partie du bois pour laisser le reste se décomposer. Cette pratique génère d’énormes quantités de méthane, un des pires gaz à effet de serre, qui piège 56 fois plus de chaleur que les émissions de carbone au cours de ses 20 premières années dans l’atmosphère.[5]

  1. Il y a bien des façons de calculer le stockage du carbone

Le potentiel de la forêt boréale comme puits de carbone est généralement accepté, mais ce qui n’est pas clair est la quantité exacte de carbone qui est stockée. En effet, la mesure du stockage du carbone n’est pas simple; les résultats varient selon la méthode utilisée. Le Canada, par exemple, estime les stocks de carbone, les variations dans les stocks de carbone et les émissions de gaz à effet de serre autres que le CO2 dans ses forêts aménagées selon le Système national de surveillance, de comptabilisation et de production de rapports concernant le carbone des forêts.La quantité absolue de carbone stockée dans la forêt boréale est assez élevée. Mais si l’on compare la capacité d’une forêt de séquestrer du carbone au fil du temps, la forêt tropicale l’emporte. En fait, on ne s’entend pas sur ce qui constitue une forêt riche en carbone. Une façon d’obtenir une meilleure idée consisterait à obtenir un consensus parmi les chercheurs pour pouvoir comparer les études et dissiper les incertitudes.[6]

  1. Il y a bien des façons de maximiser la séquestration du carbone

En plus d’encourager la recherche, le gouvernement canadien envisage un certain nombre de stratégies visant à optimiser le potentiel de stockage du carbone de ses forêts. Une étude démontre qu’une combinaison de stratégies – selon l’emplacement – pourrait maximiser le potentiel de séquestration du carbone à long terme. L’approche axée sur « la meilleure utilisation » (pour accroître l’utilisation du bois récolté et s’assurer qu’un fort pourcentage des résidus sont utilisés comme intrants ou pour produire de la bioénergie), combinée à la promotion de produits pouvant stocker du carbone pendant de plus longues périodes, s’est avérée de loin la stratégie la plus efficace pour la plupart des régions forestières canadiennes.

  1. Le fait d’abaisser les volumes de récolte n’est pas toujours une bonne façon d’améliorer la séquestration du carbone

La simple diminution des volumes de récolte dans les forêts canadiennes n’est pas la seule façon d’améliorer leur potentiel de séquestration du carbone.[7] Cette idée est soutenue à l’échelle mondiale par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat des Nations Unies. Le rapport de l’ONU explique que la meilleure façon de réduire les émissions de GES à long terme n’est pas de réduire les volumes de récolte, mais d’adopter une stratégie d’aménagement forestier durable ayant pour objectif de maintenir ou d’augmenter les stocks de carbone des forêts, tout en produisant un rendement annuel de bois, de fibre ou d’énergie à partir de la forêt.[8]

 

Source :
[1] http://www.sfmcanada.org/images/Publications/FR/C02_Sink_FR.pdf (Francais)
[2] http://www.nature.com/news/carbon-sequestration-managing-forests-in-uncertain-times-1.14687 (Anglais)
[3] http://www.rncan.gc.ca/forets/changements-climatiques/13098 (Francais)
[4] http://news.discovery.com/earth/plants/tropical-forests-gulp-co2-slowing-climate-change-150106.htm (Anglais)
[5] http://unfccc.int/ghg_data/items/3825.php (Anglais); http://fr.wikipedia.org/wiki/Potentiel_de_r%C3%A9chauffement_global (Français)
[6] http://www.nature.com/news/carbon-sequestration-managing-forests-in-uncertain-times-1.14687 (Anglais)
[7] http://www.academia.edu/4461702/Effects_of_harvesting_on_spatial_and_temporal_diversity_of_carbon_stocks_in_a_boreal_forest_landscape (Anglais);
http://www.nrcresearchpress.com/doi/abs/10.1139/er-2013-0039#.VQNEh47F_Mg (Anglais)
[8] https://www.ipcc.ch/pdf/assessment-report/ar4/wg3/ar4-wg3-chapter9.pdf (Anglais)

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1. Qu’est-ce que la tordeuse des bourgeons de l’épinette et d’où vient-elle?
La tordeuse des bourgeons de l’épinette est un insecte natif de l’Amérique du Nord. La chenille de la tordeuse mesure de 20 à 30 millimètres de longueur et elle a un appétit vorace pour les aiguilles de conifères, surtout celles de l’épinette blanche, rouge ou noire, et celles du sapin baumier. Elle vit dans toutes les provinces canadiennes ainsi qu’aux États-Unis.

Les larves hivernent dans de petits cocons de soie d’où elles émergent au printemps à seulement 1,5 millimètre de longueur pour se nourrir du pollen des fleurs en attendant l’ouverture des bourgeons. Dès que les nouvelles pousses se déploient, les larves tissent un deuxième cocon et elles se nourrissent de pousses jusqu’à la fin de juin, lorsqu’elles deviennent de grosses chenilles. Ces tordeuses parvenues à maturité sont responsables de 85 % de la défoliation (la destruction des aiguilles). En trois à cinq ans, une infestation aura détruit la cime de l’arbre, voire l’arbre en entier.

2. Comment la tordeuse des bourgeons de l’épinette tue-t-elle un arbre?
La tordeuse des bourgeons de l’épinette se nourrit d’aiguilles et de jeunes pousses. Elle s’attaque généralement à la cime de l’arbre et elle mange les bourgeons, empêchant ainsi de nouvelles branches de se former.

L’épinette et le sapin, des cibles fréquentes de la tordeuse, croissent principalement d’une saison à l’autre par ce qu’on appelle un rameau principal central. Le rameau principal empêche les branches de pousser vers l’extérieur de manière à préserver la forme pyramidale de l’arbre. Si ce rameau principal est endommagé, la santé de l’arbre en souffrira.

Quand les bourgeons responsables de la nouvelle croissance sont détruits, la branche cesse de se développer et devient un chicot. Après trois ou quatre ans de défoliation, un arbre perd sa vitalité. Après cinq ou sept ans, c’est l’arbre en entier qui meurt.

3. Quand l’épidémie actuelle au Québec a-t-elle commencé?
L’épidémie actuelle a commencé lentement en 1992, mais les chercheurs ont remarqué une augmentation fulgurante de la population de tordeuses en 2006. Depuis, quelque quatre millions d’hectares de forêt au Québec ont été affectés – un territoire grand comme la Suisse.

4. Quelles sont les causes de cette épidémie?
Selon Ressources naturelles Canada, la présence de vastes forêts d’arbres-hôtes est le principal facteur favorisant l’apparition d’infestations de grande envergure, surtout parce que ces milieux permettent la survie des petites larves et la maturation des papillons qui se reproduisent et migrent vers de nouveaux secteurs.

Il existe deux écoles de pensée concernant ce qui cause une épidémie. La première, c’est que les populations de tordeuses augmentent d’abord dans les secteurs où les ennemis naturels sont incapables de freiner l’accroissement de la densité locale. Dans ces conditions, leur taux de reproduction augmente et la migration des papillons peut accroître les populations locales, entraînant une progression des populations de tordeuses des bourgeons de l’épinette sur un très vaste territoire.

Selon d’autres recherches, les épidémies ne sont pas déclenchées par des phénomènes particuliers et elles n’apparaissent pas à des endroits précis. En fait, les populations de tordeuses fluctuent naturellement et de façon constante. Les épidémies sont simplement des fluctuations cycliques. Quelles qu’en soient les causes, les épidémies récurrentes et répandues de tordeuses des bourgeons de l’épinette représentent des menaces plus graves pour la forêt boréale que les autres insectes, le feu ou les maladies.

5. La tordeuse des bourgeons de l’épinette est-elle limitée au Québec?
Non. On la trouve dans toutes les provinces canadiennes ainsi qu’aux États-Unis. Des données semblent aussi indiquer que l’épidémie actuelle est en train de se répandre vers l’est jusqu’au Nouveau-Brunswick et à la Nouvelle-Écosse.

6. Comment cette épidémie se compare-t-elle aux autres que nous avons subies?
Les trois dernières épidémies majeures, en 1910, 1940 et 1970, ont affecté des territoires de plus en plus étendus. À ce moment-ci, l’épidémie actuelle est moins répandue que celle qui l’a précédée. La dernière épidémie d’importance, qui a duré de 1970 à 1987, a affecté 58 millions d’hectares de forêt boréale. L’épidémie actuelle, qui a commencé en 1992, a vu son rythme de propagation s’accélérer en 2006, surtout dans les régions de la Côte-Nord et du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Entre 2006 et 2014, la superficie infestée est passée de 50 000 hectares à plus de quatre millions d’hectares. Depuis trois ans, la zone atteinte a augmenté de près de 62 %, et 45 % de celle-ci se situe dans la catégorie de défoliation grave, c’est-à-dire que la majorité des arbres ont perdu leur feuillage sur toute la longueur de la cime.

7. Les arbres tués par la tordeuse des bourgeons de l’épinette peuvent-ils encore servir?
Oui. Les arbres morts peuvent encore être récoltés et servir à fabriquer de la pâte, mais il faut une plus grande quantité de ce bois infecté pour produire une tonne de papier journal, et le processus est plus coûteux. En raison de sa mauvaise qualité, il faut soumettre la fibre qui provient des arbres infectés à un blanchiment pour éliminer les taches causées par la tordeuse et produire un papier de qualité acceptable. Donc, bien que ces arbres puissent encore servir, les exigences relatives à la transformation et à la production réduisent la compétitivité de l’usine. Et quand on tient compte d’autres coûts fixes comme les frais de main-d’œuvre et d’énergie, l’utilisation d’une fibre de mauvaise qualité peut jouer un rôle dans la viabilité à long terme d’une installation.

8. Ne pourrions-nous pas nous contenter de répandre un insecticide sur les forêts?
Oui, mais ça coûte cher et il est difficile de prédire où l’infestation se produira et de savoir quel secteur pulvériser. Depuis 1987, le seul insecticide qui peut être utilisé au Québec pour combattre la tordeuse des bourgeons de l’épinette est une bactérie naturellement présente dans l’environnement et inoffensive appelée Bacillus thuringiensis.

B.t., comme on l’appelle souvent, est un pathogène qui n’affecte que les larves des lépidoptères; la bactérie paralyse le système digestif et tue l’organisme. On a recours à cette méthode pour contrôler une variété d’autres parasites de l’agriculture comme les chrysomèles et d’autres insectes nuisibles comme les moustiques et les mouches noires.

Pour ce qui est des infestations de tordeuses des bourgeons de l’épinette dans la forêt boréale, les coûts d’application de B.t., qui étaient de 4 $ à 10 $ l’hectare pendant les années 70 et 80, ont grimpé pour dépasser 65 $ l’hectare en 2012. On réserve donc cette méthode aux peuplements de grande valeur ou à haut risque.

9. Quand cette épidémie prendra-t-elle fin?
Les épidémies se produisent généralement tous les 20 à 40 ans dans le cadre d’un cycle naturel. On s’entend généralement pour dire que les infestations prennent fin quand la quantité d’arbres endommagés ne peut plus soutenir la population de tordeuses. Ce phénomène s’accompagne souvent d’une augmentation de la mortalité des tordeuses causée par de nombreux ennemis naturels comme les oiseaux ou les araignées, mais les plus importants sont les parasitoïdes. Les différentes espèces s’attaquent à différents stades de la tordeuse (l’œuf, la chenille ou la chrysalide).

10. Que fait-on pour prévenir les infestations futures de tordeuses des bourgeons de l’épinette?
À l’heure actuelle, les travaux se concentrent sur la surveillance des populations de tordeuses des bourgeons de l’épinette et de leurs fluctuations. Grâce à un réseau de postes d’observation permanents, les chercheurs peuvent mesurer la taille des populations et prédire les tendances à court ou à moyen terme.

Depuis 2011, les chercheurs du Service canadien des forêts qui travaillent au Centre de foresterie des Laurentides étudient ces problèmes dans la région du Bas-Saint-Laurent et dans deux populations endémiques près de la ville de Québec. L’objectif de ce projet est d’observer la dynamique des populations de tordeuses pendant la phase ascendante d’une nouvelle épidémie dans le plus large intervalle de densité possible.

On a proposé de nouvelles méthodes d’intervention précoce qui ciblent les épicentres des infestations afin de prévenir la progression à grande échelle. Les chercheurs s’affairent à accroître la résistance des peuplements à la tordeuse des bourgeons de l’épinette en augmentant la diversité des essences et en réalisant des travaux d’éclaircie commerciale dans les zones encore intactes.

11. À combien se chiffre l’impact économique de cette épidémie jusqu’à maintenant?
Bien qu’il soit encore trop tôt pour mesurer l’impact économique, on estime que la dernière épidémie de tordeuse a affecté environ 58 millions d’hectares de forêt boréale et causé des pertes d’approvisionnement en bois équivalant à 20 ans de récolte pour le Québec seulement.

De plus, les pertes imputables à la dernière épidémie de tordeuse des bourgeons de l’épinette, au Québec seulement, sont évaluées à ~500 millions de m3 d’épinette et de sapin, ce qui représente une valeur commerciale estimative de 12,5 milliards de dollars.

Les insectes et les pathogènes sont de loin la plus grande menace pour les forêts de l’Amérique du Nord. Les superficies qu’ils dévastent sont presque 50 fois plus grandes que celles qui sont détruites par le feu et leur impact économique est presque 5 fois plus important11.

Pour plus d’information, visiter Ressources naturelles Canada et SOPFIM la société québécoise de protection des forêts.

 

Source de l’image : http://en.wikipedia.org/wiki/Choristoneura_fumiferana#mediaviewer/File:Choristoneura_fumiferana_larva.jpg

 

Des sources supplémentaires:

1. http://www.ontario.ca/environment-and-energy/spruce-budworm
2. http://www.cbc.ca/news/canada/montreal/quebec-spruce-budworm-link-to-climate-change-being-studied-1.2705081
3. http://www.sprucebudworm.ca/
4. http://www.nrcan.gc.ca/forests/insects-diseases/13383
5. http://www.nrcan.gc.ca/science/video/11724
6. http://www.nrcresearchpress.com/doi/pdf/10.1139/x95-150
7. http://www.entomology.umn.edu/cues/Web/202SpruceBudworm.pdf
8. http://www.cals.uidaho.edu/edcomm/pdf/bul/bul0644.pdf
9. http://www.ext.colostate.edu/pubs/insect/05556.html
10. http://izt.ciens.ucv.ve/ecologia/Archivos/ECOLOGIA_DE%20_POBLACIONES_Hasta%202004/ECOL_POBLAC_Hasta%202004_(H-N)/Logan%20y%20col%202004.pdf

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Forêt boréale

La région boréale canadienne couvre presque 60 pour cent de la superficie du pays, s’étendant essentiellement de l’Atlantique au Pacifique. Avec une superficie de plus de 5 740 000 km², c’est un des écosystèmes les plus vastes et complexes de la planète.

La forêt boréale est extraordinairement diversifiée et complexe. C’est un écosystème qui regorge de lacs et de zones humides et qui régule le climat, produit de l’oxygène et purifie l’eau pour ses habitants. Une bonne partie de l’approvisionnement en eau douce du monde provient des lacs, des rivières et des ruisseaux de la forêt boréale. Plus de 208 milliards de tonnes de carbone sont stockées dans les arbres, le sol, l’eau et la tourbe de la région boréale, ce qui explique pourquoi la forêt a autant d’impact sur la capacité de la planète de contrôler les concentrations de carbone dans l’atmosphère.

Selon Ressources naturelles Canada : « Souvent, on présente la forêt boréale du Canada comme une vaste étendue de nature sauvage, vierge et ancienne. Toutefois, ce n’est pas le cas. Il est vrai que la région boréale est ancienne, mais la forêt boréale est composée surtout d’arbres relativement jeunes par rapport à ceux qui poussent dans les climats plus tempérés et elle est régulièrement touchée par des incendies de forêt, des insectes et d’autres perturbations naturelles, à travers lesquels elle se renouvelle. »

Faits en bref : espèces boréales

  • La forêt boréale englobe une variété d’arbres appartenant à différentes espèces, telles que le sapin baumier, le bouleau blanc, le peuplier, l’épinette noire, l’épinette blanche, le pin gris, le pin rouge et le thuya occidental.
  • La région représente plus que des millions d’acres de forêts et de zones humides — des milliers d’espèces d’animaux, d’oiseaux, de plantes et d’insectes en ont fait leur habitat.
  • Des millions d’oiseaux terrestres vivent dans la région boréale, que ce soit de façon permanente ou comme migrateurs saisonniers. La forêt boréale abrite également plusieurs autres oiseaux, tels que des hiboux, des colibris, des pique-bois, des vautours, des faucons, des martins-pêcheurs et des oiseaux chanteurs.
  • Les grands mammifères qui vivent dans la forêt boréale canadienne comprennent le caribou, le chevreuil, l’orignal, le loup et l’ours noir.
  • D’innombrables petits mammifères se retrouvent dans la forêt boréale : le renard, le lynx, le raton laveur, le porc-épic, le lièvre, le castor, l’hermine, le rat musqué, la martre d’Amérique, l’écureuil et la chauve-souris.
  • Puis, il y a les insectes de la région boréale, dont les coléoptères, les libellules, les sauterelles, les abeilles et les fourmis et, si vous avez la chance d’en voir en personne, de magnifiques papillons.

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Ce site est administré par Produits forestiers Résolu. Nous sommes l’une des plus grandes entreprises de produits forestiers de l’Amérique du Nord. Nous approvisionnons nos clients dans près de 90 pays en pâtes et papiers destinés à la fabrication de produits d’usage courant : journaux, magazines, livres, papiers d’impression et d’écriture, papiers tissus et matériaux de construction.

Étant donné que nous exerçons nos activités depuis plusieurs décennies dans la forêt boréale canadienne, nous comprenons l’importance de la préserver et de la renouveler pour les générations futures.

Nous avons créé ce site pour répondre à certaines questions fréquemment posées au sujet de la forêt boréale du Canada.

Nous vous invitons à participer au débat sur le développement durable dans la région boréale canadienne en vous rendant sur le plateforme de Forum Boréal.

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Boreal Forest

Selon Ressources naturelles Canada : « L’aménagement forestier durable permet d’assurer la santé, la sécurité et le développement de la forêt boréale et de toutes les forêts du Canada. »

On récolte annuellement moins de 0,2 % de la forêt boréale canadienne, soit dix fois moins que la superficie perturbée chaque année par des causes naturelles comme les incendies de forêt, les insectes et les maladies.

Régénération forestière

Dans certains secteurs, il est plus sensé d’encourager la régénération naturelle que d’intervenir au moyen de l’ensemencement ou de la plantation. Près de 75 % des secteurs exploités se régénèrent naturellement. Les quelque 25 % restants sont rapidement reboisés par ensemencement ou plantation de semis. Quelle que soit la méthode de régénération utilisée dans un secteur donné, le processus est surveillé de près et hautement réglementé pour assurer sa réussite.

La gestion responsable des terrains forestiers, la récolte du bois avant les perturbations naturelles et la récupération du bois après leur occurrence sont des moyens de protéger le cycle de vie naturel de la forêt et de garantir sa pérennité.

Conservation de la forêt

Au Canada, les entreprises et les consommateurs de produits forestiers bénéficient de nombreuses activités de protection de l’environnement, notamment un sain développement des aires protégées et des stratégies concertées en matière d’aménagement forestier.

  • La protection de la forêt boréale canadienne est particulièrement importante pour le Canada, ne serait-ce qu’en raison de sa taille. Compte tenu de son impressionnante diversité écologique et du rôle qu’elle joue pour les collectivités canadiennes, la forêt boréale est surveillée de près par le gouvernement du Canada, par ses habitants et par des entreprises comme la nôtre, qui dépendent de forêts en santé.
  • Chaque année, les dommages causés par les insectes, les maladies ou les feux de forêt touchent cinq à six millions d’hectares, ce qui représente environ un pour cent de la forêt boréale. Ce territoire est cinq fois supérieur à celui récolté par l’industrie des produits forestiers.
  • Pour être membre de la principale association de l’industrie canadienne des produits forestiers, l’Association des produits forestiers du Canada, une entreprise doit avoir fait certifier ses pratiques environnementales par des experts indépendants. L’Association s’assure ainsi que tous ses membres respectent les principes de la foresterie responsable.
  • L’industrie des produits forestiers n’est active que dans une petite portion de la forêt — la majeure partie de la forêt boréale est inaccessible à l’industrie des produits forestiers et encore plus de territoire a été mis en réserve par l’industrie pour l’établissement de zones protégées et de parcs et pour promouvoir des initiatives de conservation.

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Industrie forestière au Canada
  • L’industrie des produits forestiers est un des moteurs de l’économie canadienne depuis des générations et les communautés des Premières Nations dépendent de la forêt boréale depuis des millénaires.
  • L’industrie des produits forestiers a la responsabilité particulière de comprendre et de protéger la forêt et de trouver les meilleures façons d’assurer sa viabilité et son potentiel de développement naturel, économique et social.
  • L’industrie des produits forestiers a une énorme influence sur le mode de vie et le bien-être de nombreuses collectivités canadiennes.
  • Plus de 600 collectivités canadiennes dépendent du secteur forestier. Dans la moitié d’entre elles, les ménages tirent au moins 50 % de leurs revenus de la foresterie, et près de 160 d’entre elles dépendent uniquement de la foresterie.
  • Les collectivités autochtones du Canada vivent dans les régions forestières dans une proportion de 70 %.
  • Environ 17 000 membres des Premières Nations travaillent au sein de l’industrie canadienne des produits forestiers, qui emploie plus de 1 400 entreprises autochtones.
  • L’industrie canadienne des produits forestiers rapporte annuellement 67 G$ CA.
  • L’industrie canadienne des produits forestiers procure 230 000 emplois directs et près de 1 million d’emplois indirects d’un bout à l’autre du pays.
  • Le salaire moyen payé dans notre industrie est 16 % supérieur à la moyenne nationale, ce qui contribue à soutenir la santé économique de centaines de villes et de villages.
  • Les produits que nous commercialisons constituent un important lien entre le Canada et les États-Unis puisque ces derniers sont de loin le plus important importateur de produits forestiers canadiens destinés à la fabrication de journaux, magazines, livres, papiers d’impression et d’écriture, papier mouchoir et matériaux de construction.